Mensualisation des vacataires : un appel au bon sens comme seule action du quinquennat

Le 25 avril, à quelques jours de la fin de son mandat, le gouvernement a publié une circulaire concernant les délais de paiement des vacataires de l’enseignement supérieur. Ce document suggère aux président·e·s d’Universités la mise en place de nouvelles règles pour la rentrée 2017-2018 et l’objectif « [d’]un rythme de versement mensuel » « dans le cas de vacations effectuées de façon régulière ». Il invite également à la transmission et à la signature des contrats de travail par les travailleur·se·s avant leur prise de fonction.

Si cette publication semble répondre à certaines des revendications exprimées lors des nombreuses mobilisations des collectifs en lutte au sein des Universités, il est en réalité difficile d’y voir autre chose qu’une reconnaissance symbolique et a minima. Ce document n’était pas contraignant – juridiquement, il n’a ni plus ni moins de valeur qu’une « note de service » – les administrations des Universités pourront décider de tout simplement ignorer ce rappel à l’ordre, et surtout au droit. Sa formulation même (« L’objectif que nous pouvons nous fixer est d’atteindre… ») laisse transparaître l’absence de volonté du gouvernement de réellement lutter contre ces pratiques. Ainsi, après des années d’inaction lorsqu’il était en capacité d’agir, le ministère se contente ici de rappeler aux président·e·s d’Université le bon sens et le droit les plus élémentaires, d’une manière qui pourra être défaite aussitôt le nouveau gouvernement nommé.

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Pour une Université vraiment solidaire

Le 11 octobre dernier, l’ensemble des personnels et étudiant·e·s de Paris 8 a reçu un message les invitant à participer au financement du Diplôme Universitaire (DU) « Français langue étrangère pour les populations réfugiées en insertion universitaire ». « Destiné exclusivement à des étudiant[·e·]s réfugié[·e·]s ne possédant que très peu ou pas du tout de notions en français », celui-ci prétend « leur octroyer un niveau de maîtrise linguistique permettant leur insertion dans une formation de l’enseignement supérieur francophone afin d’y reprendre les études interrompues dans leurs pays respectifs ». Des affichettes reproduisant ce message sont également disposées dans les locaux de l’Université. Faute de parvenir à convaincre la communauté universitaire et leurs proches et connaissances de contribuer collectivement à cette formation à hauteur de 10 000 €, la direction de l’Université pourrait ne pas la reconduire cette année. Si nous ne pouvons que saluer l’objectif affiché de « contribuer à l’accueil des réfugié[·e·]s », nous regrettons sa mise en pratique et les modalités de son financement.

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4 ans après le rejet d’ACTA, où en sommes-nous ? 2/2 La réforme du droit d’auteur

Le 4 juillet 2012, le Parlement européen rejetait à une large majorité l’accord commercial ACTA, après plusieurs années de mobilisations internationales en ligne et hors ligne sans précédent [1]. Négocié dans l’opacité au profit de quelques intérêts privés, ACTA tentait d’imposer des mesures répressives au nom de la protection du droit d’auteur et constituait une menace majeure pour nos droits et libertés. L’anniversaire de cette victoire collective importante est l’occasion de faire un point en 2 volets sur la situation actuelle. Le premier, publié le 4 juillet, concerne les accords commerciaux en cours de négociations ou d’adoption au sein de l’Union européenne. Le second volet, ci-dessous, revient sur 4 ans d’échec politique à adapter le droit d’auteur à l’ère numérique, tant au niveau de l’Union européenne qu’au niveau national, entre avancées marginales et poursuite d’une politique répressive dangereuse et absurde.
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4 ans après le rejet d’ACTA, où en sommes-nous ? 1/2 Les accords commerciaux

Le 4 juillet 2012, le Parlement européen rejetait à une large majorité l’accord commercial ACTA, après plusieurs années de mobilisations internationales en ligne et hors ligne sans précédent [1]. Négocié dans l’opacité au profit de quelques intérêts privés, ACTA tentait d’imposer des mesures répressives au nom de la protection du droit d’auteur et constituait une menace majeure pour nos droits et libertés. L’anniversaire de cette victoire collective importante est l’occasion de faire un point en 2 volets sur la situation actuelle : le premier est consacré aux accords commerciaux en cours de négociations ou d’adoption au sein de l’Union européenne, le second – à lire ici – à 4 ans d’échec politique à adapter le droit d’auteur à l’ère numérique.
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